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Le Bâtiment recherche désespérément main d’œuvre qualifiée

La France manque de profils qualifiés pour ses grands projets d’infrastructures, c’est ce qui ressort d’une étude de rémunérations de PageGroup, malgré des augmentations de 5 à 10% depuis 10 ans.

Depuis 2007, la France a retrouvé un niveau d’activité sans précédent : les grands projets d’infrastructures se multiplient en Ile-de-France avec la construction du Grand Paris Express, la modernisation des autoroutes et des voies ferrées, l’extension des aéroports et des programmes de logements.

La province n’est pas en reste non plus avec des projets d’infrastructures et d’amélioration de l’habitat majeurs dans les grandes agglomérations. Au total, 139 Mds€ seront ainsi investis dans toute la France d’ici à 2030.

Difficile pourtant de se réjouir dans le secteur de la construction car si la demande en recrutements augmente, l’offre peine à suivre. À l’image notamment du Conducteur de Travaux ou encore de l’Ingénieur Études de prix, certains métiers parmi les plus stratégiques du secteur manquent cruellement d’effectifs. Une situation déjà évoquée par certaines certaines organisations professionnelles, notamment dans le secteur de la menuiserie.

Qu’ils soient juniors ou seniors, ces profils étaient déjà en partie pénuriques avant que ne se lancent tous les grands chantiers, mais ils le sont d’autant plus aujourd’hui et les peu de candidats disponibles s’arrachent aujourd’hui à prix d’or.

3 métiers d’avenir et pénuriques aujourd’hui

Le Conducteur de Travaux est responsable de l’exécution des travaux d’un ou de plusieurs chantiers. C’est le pivot de l’organisation et de l’exploitation dirigée par les chefs de chantier. Il dirige et organise le chantier, compose les équipes dirigées par le chef de chantier, surveille l’avancement des travaux, achète et répartit les matériaux, rédige les rapports, dialogue avec les ingénieurs et les riverains du chantier

Pour ce métier particulièrement pénurique en ce moment, la fourchette salariale pour un débutant se situera entre 30 et 35k€/an. Un senior de 5 à 15 ans d’expérience sera rémunéré entre 40 et 50k€/an par an.

L’Ingénieur Études de Prix est garant de l’avant-projet d’ouvrage, il détermine les procédés techniques, les méthodes d’organisation et les coûts. Pendant le projet de construction, il est amené à réexaminer les calculs et les méthodes en fonction des avancements. Cette fonction nécessite un diplôme d’ingénieur option BTP

Les ingénieurs Etudes de prix et Méthodes très recherchés

Pour un Ingénieur Études de Prix en entreprises générales jeune diplômé (0 à 2 ans d’expérience), la fourchette salariale est passée de 30-35k€/an à 36-40k€/an. L’évolution est encore plus flagrante sur des profils seniors puisqu’un Ingénieur Études de Prix avec 5 à 15 ans d’expérience pouvait prétendre à un salaire entre 40 et 55k€/an quand il peut espérer aujourd’hui 48 à 60k€/an.

Les missions de l’Ingénieur Méthodes consistent à optimiser l’organisation des ateliers de production, à réaliser des études techniques sur les processus de production ou encore à animer des réunions techniques.

Un diplôme d’ingénieur généraliste ou spécialisé est nécessaire. Entre 2018 et 2019, l’augmentation des rémunérations sera importante. En 2018, un Ingénieur Méthodes avec moins de deux ans d’expérience est payé entre 30 et 35k€/an, il sera payé entre 34 et 38k€/an en 2019.

Les tendances des métiers du secteur de la construction

L ‘année passée fut un moment de grande effervescence en matière d’intégrations dans le secteur du BTP. Une année au cours de laquelle, le retour aux fonctions fondamentales a côtoyé un souhait permanent d’innovations.

Dans ce cadre de renouvellement organisationnel, ce sont les métiers habituellement structurants dans les fonctions cadres du secteur, qui sont restés les plus recherchés. Les fonctions d’encadrement travaux (MOE et EG/ETP) et leurs équivalents en responsabilité d’affaires chez les installateurs ont connu de multiples créations de postes venant accompagner une augmentation en volume de l’activité. Plus de 20 000 postes ont été créés dont la moitié en CDI pour le bâtiment (source : Fédération Française du Bâtiment) correspondant à + 5 % de volume d’activité en 2017 par rapport à l’année précédente.

Côté́ maîtrise d’œuvre, ce sont les corps d’état techniques, qui sont en tête dans cette course aux talents : les compétences fluides (CVCDP) plus que les CFO/CFA, sont recherchées dans les ingénieries TCE, alliées techniques des sujets de transition énergétique.

« L’activité recrutement se poursuit dans la lancée de 2017 avec un volume légèrement moindre et davantage de précision dans les contours des postes à pourvoir. Les profils cadres sont sollicités à la fois sur leur domaine d’expertise mais également pour leur vision globale de leur fonction. 2018 est une année de confirmation, mais une harmonisation du secteur sera nécessaire en 2019 » décrypte David Mérigonde, Directeur, Michael Page.

Les 3 postes qui seront les plus recherchés en 2019

  • Le Principal Travaux est une fonction fortement recherchée par les maîtres d’œuvre et/ou la maîtrise d’ouvrage. Les rémunérations ont particulièrement augmenté pour ces profils le plus souvent de formation ingénieur. Ainsi, en début de carrière (0 à 2 ans d’expérience) il pouvait prétendre à une rémunération entre 32 et 37k€/an en 2017-2018 quand il pourra aujourd’hui espérer une rémunération entre 35 et 42k€/an.
  • La compétence  Chef de projet CVC/PLB est une fonction clé des ingénieries TCE qui entrent dans le cadre des économies d’énergie et de l’efficience énergétique des bâtiments. De 5 à 15 ans d’expérience, il pourra prétendre à une fourchette de rémunération entre 45 et 60€k/an.
  • L’Ingénieur en Bureau d’Études intervient à tous les stades d’un projet technique, depuis la conception où il sera par exemple responsable du maquettage et du prototypage jusqu’aux phases d’amélioration des produits existants où il prendra en compte les retours d’expérience. Un profil entre 5 et 15 ans d’expérience visera une rémunération qui démarre à 80€k/an.

« Les candidats disposant de 5 à 10 ans d’expérience sont depuis 2017 particulièrement concernés par le contexte de pénurie de main d’œuvre au sein des entreprises du secteur alors que le secteur de la construction profite d’une reprise d’activité depuis le début de l’année 2016. Les grands travaux et autres grands projets d’infrastructures liés au Grand Paris, aux Jeux olympiques de 2024 ou encore la bonne orientation des programmes de logements neufs offrent pourtant un contexte de marché très favorable et des perspectives d’emploi très bonnes avec des salaires attractifs » analyse Frédéric Rei, Directeur Senior, Page Personnel.

Source : Apiedoeuvre.fr

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