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La révolution numérique dans la pédagogie des métiers du BTP

La transition numérique est bien à l’œuvre dans l’enseignement des métiers du BTP. Une transition que l’on peut qualifier de révolution en matière de contenu et outils pédagogiques.

En effet, les formateurs doivent initier les jeunes apprenants mais aussi les professionnels aux nouvelles technologies qu’ils utiliseront sur les chantiers : BIM, impression 3D, drones. Avec de nouveaux outils pédagogiques innovants.

Raphaël Harang, pilote de projets numériques pour Bâtiment CFA Normandie, explique sa mission.

L’association Bâtiment CFA Normandie en quelques mots

Précisons que l’association Bâtiment CFA Normandie, membre du CCCA-BTP, regroupe 7 centres de formation dans la région (Alençon, Caen, Coutances, Dieppe, Evreux, Le Havre et Rouen Lanfry).

Elle a répondu à deux appels à projets, Innovation pédagogique pour le Feder (fonds européen de développement régional qui intervient dans le cadre de la politique de cohésion économique, sociale et territoriale) et Rénovation pour Pacte (Programme d’action pour la qualité de la construction et la transition énergétique), initiée par le ministère du Logement.

Raphaël Harang pilote les projets numériques pour l’association Bâtiment CFA Normandie, membre du réseau du CCCA-BTP

Apiedoeuvre : Que faut-il faire pour accompagner cette innovation pédagogique et cette montée en compétence des pros du Bâtiment ?  En quoi consiste votre mission ?

Raphaël Harang : Après avoir mené des études, nous sommes arrivés à la conclusion que pour répondre correctement à ces appels à projets et pour obtenir des fonds, il fallait agir sur deux leviers. D’un côté, il fallait acculturer nos « apprenants » au BIM, qui est le process de la maquette numérique et le vecteur de l’information, ainsi qu’aux outils innovants tels que drones, scanners 3D.

Et de l’autre côté, il fallait développer des formations pour les professionnels du bâtiment, permettant la montée en compétence, Ici, on retrouve en partie le BIM, et des formations en réalité augmentée. Pourquoi ? Cela leur permet de réapprendre les gestes techniques en sécurité. En effet, lorsque l’on réalise depuis 20 ans, voire 30 ans, des ouvrages, on les réalise tel que c’est plus facile à réaliser et pas toujours comme on les a appris. Si le geste technique est toujours là, la mise en œuvre peut ne pas être appropriée.

Nous avons donc développé des scenarios pédagogique permettant de revenir aux fondamentaux des normes afin de réapprendre le geste technique dans le contexte dans lequel il doit être mis en œuvre.

En tant que pilote des projets numériques, je travaille sur le sujet depuis un an et demi : nous avons trouvé les prestataires, déployé le matériel, acculturé les formateurs et depuis la rentrée 2018, nous sommes dans la phase de déploiement des formations.

Apiedoeuvre : Comment sont déployées ces méthodes pédagogiques et vers quels publics ?

Raphaël Harang : Nous déployons ces méthodes pédagogiques sur l’ensemble des formations, dans les 7 CFA de Normandie, et cela concerne 300 salariés, 280 formateurs, 4600 apprentis du CAP au titre d’ingénieur. Ils sont tous concernés par ces méthodes pédagogiques innovantes, sans exception.

Selon les publics concernés, l’utilisation des outils sera différenciée : au niveau CAP et du bac pro, les jeunes devront se familiariser avec une maquette numérique simple, et ils apprendront à aller chercher les informations, car c’est ce que l’on demande au niveau de leurs diplômes.

Au niveau de BTS et des titres d’ingénieurs, les jeunes devront savoir mixer les données qu’ils ont récupérées avec un drone ou un scanner 3D. IIs devront les intégrer dans un lecteur de maquette numérique une fois que le fichier IFC est créé pour savoir le reconstruire, échanger des éléments, et être à l’aise avec le traitement de la donnée.

On propose également des formations aux entreprises sur la découverte du Bim. Il faut s’imaginer que certains chefs d’entreprises ne connaissent pas le smartphone et utilisent toujours leur téléphone portable. On est donc sur un travail d’acculturation et d’accompagnement.

Apiedoeuvre : Comment les chefs d’entreprises appréhendent-ils la découverte du BIM ?

Raphaël Harang : Nous leur proposons de découvrir le BIM en 4 modules. En 2e niveau, ils peuvent être formés à la découverte et à la lecture d’informations dans une maquette numérique. Et en 3e niveau, ils peuvent apprendre à travailler dans la maquette numérique, en utilisant Revit.

Enfin, les chefs d’entreprises les plus avancés, viennent avec leurs propres projets, on leur garantit la conformité avec le RGPD (règlement général sur la protection des données), et nous leur offrons un espace de stockage dédié au sein de Bâtiment CFA Normandie sur nos propres serveurs, dans nos CFA.

L’entreprise peut alors venir avec son propre projet et peut être accompagnée et monitorée par un formateur qui la fera monter en compétence avec un vrai projet et une vraie construction. Nos formateurs sont formés à l’ensemble des logiciels.

Apiedoeuvre : Comment sont gérées ces formations pratiquement ?

Raphaël Harang : Ce sont les CFA qui gèrent directement la demande. Il faut un minimum de 6 personnes pour constituer un groupe, l’objectif des formations étant de mixer les publics, car se retrouver avec 2 apprenants n’a pas d’intérêt. L’idéal correspond à un groupe de 6 à 10 personnes, avec des corps d’état différents. Quand le groupe est constitué, les formations sont lancées, à la carte, car nous sommes là pour se mettre au service de l’entreprise.

Ces formations sont conventionnées pour être prises en charge par l’OPCA, et l’OPCO, prochainement, avec des durées minimum de 8 heures, réparties en 4 modules de 2 heures, que l’on réalise à la carte sur un mois maximum pour éviter les pertes d’information. Quand le groupe est constitué au niveau d’un CFA, la formation est lancée.

Source : Apiedoeuvre.fr

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