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Les pistes d’amélioration du concours MOF passées au crible

Lors de son assemblée générale, le Comité organisateur du concours de l’Un des meilleurs ouvriers de France, a évoqué les difficultés de ce concours, « encore peu représentatif de l’excellence française », et les pistes d’amélioration possible.

Comment mieux huiler la machine à fabriquer les meilleurs ouvriers de France, sans la discréditer ? Cet enjeu est resté au cœur des discussions des 150 MOF et invités présents lors de l’assemblée générale du Comité organisateur du concours, le COET MOF (Comité des expositions du Travail des Meilleurs ouvriers de France).

Le comité organisateur du concours, présidé par Christian Forestier, n’a pas hésité à faire preuve de transparence et mettre le doigt là où ça peut faire mal. Exemple : la nécessaire formation des membres du jury à l’évaluation. « C’est un véritable métier et on ne s’improvise pas correcteur » a-t-il indiqué.

Certains dysfonctionnements apparus lors du 26e concours montrent en effet qu’un réajustement s’imposera. Comment et quand ? La question reste ouverte car d’autres chantiers et pistes de réflexion animent également le COET. Exemple : celui de l’égalité des chances des candidats, une valeur intangible maintes fois rappelée par les organisateurs du concours.

Le recteur et président Christian Forestier lors du rapport moral du COET MOF, entouré de son équipe.

L’égalité des chances des candidats, une valeur du concours MOF

Selon ces derniers, l’égalité des chances n’existe pas encore. « Toute personne peut-elle se présenter au concours ? Non, et cela pour trois raisons » a rappelé Christian Forestier. La première raison est d’ordre géographique, ainsi, il n’y a pas de MOF Outre-mer, selon le président.

La seconde inégalité relevée par le COET est liée au statut entrepreneurial du candidat. Selon qu’il s’agit d’un ouvrier (ou employé), d’un patron, ou d’un artisan indépendant, les chances ne sont pas les mêmes, estime l’organisation qui aimerait que le concours soit davantage ouvert aux ouvriers. Toutefois, selon certains artisans du Bâtiment interrogés, le concours peut s’avérer plus risqué pour un chef d’entreprise, surtout quand il doit parallèlement gérer son entreprise…

Enfin, le COET MOF souligne que les ressources financières des candidats constituent la 3e inégalité. « Je n’en avais pas conscience » admet le président. Certaines enquêtes terrain ont toutefois montré des inégalités financières jugées « insupportables » par Christian Forestier qui insiste : « Ces chiffres me laissent pantois et je ne veux pas subir ces inégalités au 27e concours ».

En effet, le comité organisateur évoque « des mises de fonds » très importantes dans certaines classes de métiers, de l’ordre parfois de dizaines de milliers d’euros. « Si on sait que le ticket d’entrée est à 20 000 ou 30 000 euros, il faut y mettre fin » termine le président.

L’auditoire attentif n’a pas hésité à poser des questions sur le manque de moyens dont souffrent certaines délégations régionales qui organisent le concours MOF

Améliorer le fonctionnement du concours MOF

Alors que le 27e concours va bientôt démarrer, les responsables du COET désirent accentuer leur travail de détection de talents. « Ce pays souffre d’autocensure et nous ne sommes pas représentatifs de l’excellence française » indique le président « Nous aurions aimé attendre les 10 000 MOF pour le centenaire du concours (ndlr : lancé en 1925), mais nous n’y arriverons pas » regrette-t-il. Autre exemple cité : les femmes ne sont guère représentées dans le concours en demeurant minoritaires.

Alors, oui, il faudra encore améliorer le fonctionnement du concours, estiment les responsables, et notamment réétudier la qualification du diplôme obtenu avec le titre de MOF (aujourd’hui, équivalent au niveau 3, soit le BTS). L’idée est de l’ouvrir à une certification de niveau supérieur (du système universitaire à la maîtrise) grâce à des conventions de partenariat établis avec certaines universités.

Comment financer le concours MOF

Il reste la question du financement du concours, question délicate, d’autant qu’elle mobilise de nombreux bénévoles sur le terrain qui doivent engager des frais (également en temps) en raison de leur implication. « Le COET remercie les milliers de bénévoles engagés, car grâce à leur concours et celui d’une équipe restreinte de 4 permanents, l’opération est financièrement réalisable » insiste Christian Forestier.

Il est vrai que la décentralisation, et la réduction du nombre des Opco (opérateurs de compétences regroupant les branches professionnelles), ne facilite pas la tâche du COET MOF, sur le plan financier. Un certain nombre de fonds régionaux disparaitront en 2020 (ce sera le cas de la taxe d’apprentissage, qui représentait 35 % du budget). Or, il faudra lever de l’ordre de 1,5 à 2 millions d’euros pour que la prochaine édition du concours puisse se dérouler.

Si le COET bénéficie d’un engagement de l’Etat, il doit trouver d’autres relais sur le terrain, et notamment en région. « Cela se redessine avec les nouvelles clés du modèle régional du COET MOF. A cet effet, deux régions, le Grand Est et les Hauts-de-France expérimentent des actions afin de bénéficier du soutien accru de bénévoles » précise les organisateurs du concours qui souhaitent qu’un principe de modélisation territoriale soit acté.

 

Plus de 130 établissements ont accueilli les épreuves qualificatives et finales dans tous les territoires, dont 50 lycées professionnels et 30 CFA, à l’instar du BTP CFA de Blois, pour les épreuves menuiserie (ci-dessus)

Faut-il maintenir les épreuves qualificatives des candidats MOF ?

Autre sujet financier évoqué : celui des épreuves qualificatives, jugées coûteuses (400 000 € de frais pour le 25e concours) et pas toujours pertinentes. Le 26e concours a laissé la possibilité aux présidents des 115 classes de métiers d’organiser ou pas les épreuves qualificatives (lors du 25econcours, tous les métiers ont organisé ces épreuves). Ainsi, 38 classes (dont la maçonnerie, la menuiserie et la métallerie-serrurerie, pour le Bâtiment) n’en ont pas organisé lors de la dernière édition du concours.

La valeur ajoutée des épreuves qualificatives n’est pas démontrée et demeure relative, selon le COET. Sur 692 candidats qualifiés au 26e concours, 197 d’entre eux sont déclarés lauréats MOF. Lors du 25e concours, ils étaient 592 candidats qualifiés et 225 lauréats MOF au final. Résultat : il y a eu moins de lauréats MOF au 26e concours alors que le nombre de candidats qualifiés était plus important.

« On a également vu que certaines classes de métiers affichaient 21 candidats qualifiés et au final, un seul candidat a pu obtenir le titre MOF (Ndlr : la coiffure). Cela pose vraiment la question de la pertinence de l’organisation de ces épreuves qualificatives… » insistent les responsables, selon lesquels, cette solution est incontournable pour les classes à « grand flux » de candidats.

Pour l’organisation du 27e concours, le comité organisateur a l’intention de reprendre contact avec les branches professionnelles afin d’étudier la construction de la nouvelle édition. Les thèmes de réflexion en cours portent notamment sur la mise en place d’une commission de choix de sujets, qui devra être validée par la branche professionnelle concernée…

 

Source : Apiedoeuvre.fr

 

 

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