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Le Peintre MOF doit être force de propositions artistiques

Alors que le 26e concours MOF des peintres s’achève, Luc Papavoine, le président du jury, met en lumière les nouveaux référentiels et sujets du concours désormais axé sur un travail de recherche, de proposition artistique et d’exécution de très haut de gamme.

Pourquoi cette modification ? Le métier et notamment les produits utilisés par le peintre ont beaucoup évolué, avec la généralisation des formulations en phase aqueuse. Une évolution qui imposait de changer le référentiel « car les produits actuels ne permettaient plus de réaliser de façon correcte ce que l’on demandait sur les anciens concours et ne correspondaient pas forcement aux demandes du marché comme une laque brillante polie » explique Luc Papavoine.

Résultat : le candidat doit répondre à une demande de proposition artistique au lieu de répondre à une obligation de résultat formulée par le jury. « Nous avons fourni pour ce sujet des photos de chaises des frères Jacob (style Directoire), qui devaient constituer la base de leur réflexion » en peinture d’intérieure précise Luc Papavoine.

Ces derniers doivent déterminer l’époque et le style des chaises et réaliser le décor adéquat pour un client. Il s’agit donc de recréer l’ambiance d’époque dans une pièce, en proposant une idée et une maquette illustrant la réalisation de la pièce.

A partir de photos transmises au candidat, ce dernier doit déterminer l’époque et le style du mobilier afin de réaliser le décor adéquat pour un client

Un changement de référentiel pour le concours MOF de peintre

« Avant, le candidat devait réaliser la pose de papiers peints avec des incrustations, une pose de moulure, une ornementation, appliquer des produits, des laques… Il n’y avait pas de travail de recherche et de proposition artistique, mais des proposition d’harmonie de l’ensemble. Aujourd’hui, les candidats doivent être forces de propositions » reprend le président du jury.

Les finalistes apportent ainsi au jury des panneaux représentant une partie de la pièce traitée (2,40 m x 2,40 m de haut), soit deux panneaux de 120 cm articulés, qui peuvent représenter soit un mur, soit l’angle d’une pièce.

« Il y avait un avant-projet à présenter, lors des épreuves de sélection. Les candidats devaient envoyer un projet artistique pour leur permettre d’être dans le sujet » indique le président.

Voir le sujet des Peinture d’intérieur et peinture décors

Chaque candidat doit remettre un dossier retraçant sa démarche pour réaliser le sujet du concours

44 candidats aux épreuves qualificatives pour le 26e concours

Sur les 44 candidats, seulement 16 d’entre eux ont été sélectionnés, soit 4 pour l’épreuve peinture décors, et 12 pour l’épreuve peinture d’intérieur. « Ceux qui ont été refusés n’avaient pas les prérequis pour tenter le concours », explique Luc Papavoine.

Un concours varie entre 600 à 1300 heures, et le jury veut éviter que certains candidats ne s’engagent sur une épreuve qu’ils ne pourront pas terminer ou qui ne sera pas en adéquation avec ce que l’on attend d’eux.

Profils types des candidats : ce sont des salariés, artisans, ou des formateurs de CFA ou des enseignants de l’Education nationale. « On a vu aussi un salarié et son patron se présenter. Il y avait également, parmi les candidats, un couple, dont le mari était handicapé. Ils n’ont pas été sélectionnés, mais ils avaient rêvé de s’inscrire au concours. Cela s’est passé de façon très sympathique avec les autres candidats : il a terminé l’épreuve de sélection, qui était déjà un challenge pour lui. Ce sont des choses à encourager, même s’ils n’ont pas été sélectionnés » insiste Luc Papavoine.

Le jury s’est réuni au Havre afin d’évaluer les oeuvres présentées pour le 26e concours de l’un des Meilleurs ouvriers de France Classe Peinture intérieure et Peinture Déco

Aucun lauréat pour le 25e concours

Lors du dernier concours, le 25e, il n’y a pas eu de MOF en titre dans la classe Peinture et décor. Dans l’épreuve Décor, 2 panneaux ont été présentés mais ils n’étaient pas au niveau exigé. Dans l’épreuve Peinture, 6 panneaux ont été présentés, mais les candidats n’ont pas non plus obtenu le titre de MOF.

« C’était dommage, reprend le président du jury, car on a vu de beaux panneaux, mais lors de l’évaluation par le jury et du calcul des notes, on n’y était pas, spécifie le président du jury.

Retrouver une certaine émotion lors de l’évaluation du peintre

Le peintre n’est pas seulement un applicateur, il conçoit, il est force de proposition et il réalise son œuvre, selon le professionnel. « On veut que le MOF ait ses toutes qualités, un peu comme le MOF en cuisine : il aura une proposition avec une recette qu’il aura créée qui doit plaire visuellement et qui doit être appréciée à la dégustation ».

De la même façon, le peintre doit apporter une proposition, qui visuellement doit satisfaire le jury, et qui dans le détail de la réalisation, amène une satisfaction. « Et si on est heureux, à la fin de l’évaluation, le candidat sera reçu.

« Un peu comme tous les jurys des MOF, on cherche à retrouver une certaine émotion lors de l’évaluation. Les candidats sont au final plus libres qu’auparavant sur la partie technique » précise Luc Papavoine.C

Ci-dessus, quelques-une des oeuvres réalisées par les candidats et exposées à l’Hôtel de ville du Havre avec celles du concours des Tapissiers d’ameublement : les résultats leur sont communiqués quelques semaines après l’évaluation faite par le jury.

14 personnes dans le jury des Peintres

Le jury présidé par Luc Papavoine (2e à gauche) compte 14 personnes qui se sont réunies au Havre afin d’évaluer les sujets du 26e concours de l’Un des Meilleurs oOvriers de France

Le jury compte 14 personnes dont 2 MOF en décor, 3 MOF en peinture d’intérieur, des formateur de CFA, enseignants et des entrepreneurs.

« J’aurais bien voulu passer le concours, mais on m’a proposé le poste dans le jury. A un moment donné de sa vie, on a envie de le faire, j’ai eu ce moment, et j’avais un ami qui voulait le tenter mais qui n’a pu le faire non plus… » explique le président du jury.

C’est bien aussi, car on voit le concours de l’intérieur, et on comprend le niveau d’exigence. Quand les candidats reçoivent la feuille, ils ne comprennent pas forcément. Certains verront qu’ils ne sont pas au niveau en voyant les œuvres des concurrents. D’autres sont à la limite, et c’est ça qui est compliqué, d’évaluer cette limite. C’est pourquoi, l’évaluation est longue et complexe, car la vie des gens en dépend parfois, tellement ils se sont investis dans le concours…

Les candidats du 26e concours ont été reçus avec leurs oeuvres à l’Hôtel de ville du Havre

Vers une évolution du concours MOF dans la classe peinture ?

Luc papavoine réfléchit à une extension du concours. La profession consacre en effet une part importante de son activité dans le ravalement des façades. Une activité qui n’existe pas dans le concours comme les fresques murales extérieures.

« Quand on voit la réalisation de fresques murales sur certains bâtiments, je pense que ça peut faire l’objet d’un concours. Ce ne sera pas réalisé en loge, mais cela pourra être évalué sur place, comme pour les piscinistes » indique Luc Papavoine.

« Il y a des métiers où l’on peut créer quelque chose car il y a un réel talent et un réel savoir-faire, et ça peut se faire dans le cadre du travail d’une équipe. Reconnaître la qualité du travail d’une entreprise peut être aussi important que la reconnaissance du travail d’un individu » conclut le président du jury.

Source : Apiedoeuvre.fr

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